C’est l’une de mes randonnées préférées. Elle n’est pas très longue, mais c’est un peu plus qu’une promenade, tant de beauté se mérite.

5 lacs vers Bourg Saint Maurice

Départ: Fort de la Platte au dessus de Bourg Saint Maurice

Difficulté: avec un dénivelé de 530m la randonnée est accessible au plus grand nombre. En juin il reste souvent d’assez nombreux névés dans la partie supérieure: le lac noir est situé à 2532m.

Pourquoi cette randonnée? Avant tout pour les lacs de la Forclaz, souvent nommés « les 5 lacs » . Au printemps pour les champs d’anémones soufrées dans les prairies au dessus du fort de la Platte (la difficulté est de choisir le bon moment, lors de leur floraison il est souvent difficile de faire la totalité de la randonnée, du fait de la neige). Les paysages sont très beaux aussi en fin de saison. Je ne m’en lasse pas, j’y retourne tous les ans.

Ressources:
– cartes: pour voir tout de suite: carte Google; pour emporter: IGN 25000ème,  3532OT pour les lacs, et 3532ET pour le départ.
– livre: Pascal URARD, Les plus belles randonnées de Savoie
– webcam: depuis la station des Arcs on aperçoit les lieux (choisir la webcam du télésiège « Mont Blanc »)
– blogs: le site de Benoit Chambre « Paysages de Savoie Promenades et randonnées », montre les lacs à l’automne, sous la première neigesur haute-tarentaise.net un billet de Myosotis présente de nombreuses photos, en particulier le troupeau des bouquetins qui campe sur les crêtes au dessus du lac Noir; sans oublier Mountain-forever où l’on voit qu’en juin il reste pas mal de neige en haut.

Rien n’est parfait: en pleine saison cette randonnée est très (trop) fréquentée. La montée jusqu’au fort de La Platte est longue, même en voiture. Il faut rouler (très) lentement, car c’est un chemin, voir une piste cahoteuse plutôt qu’une route. Si votre voiture (ou vous) est mal à l’aise en l’absence de macadam, n’y allez pas (surtout pas, il y a déjà assez de monde comme çà).

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Le point de départ est  à 2000m tout juste. C’est à la présence du Fort de la Platte que l’on doit la route qui permet de partir si haut dans l’alpage. Achevé en 1894, il domine Bourg Saint Maurice et les pentes qui montent vers le col du petit Saint Bernard. C’était un fort d’observation qui complétait le fort du Truc, il était destiné à renseigner, et à interdire toute tentative de contournement de la place militaire que fut jusqu’à une date récente Bourg Saint Maurice.

En partant j’ai une pensée pour les militaires qui hivernaient ici. Le 23 septembre 1901 Antoine Vincent, un lieutenant qui commandait le Fort du Truc depuis quelques jours, notait lors d’une visite :  « Il ne fait pas bon dans la cour de ce fort que tous les vents balayent sans interruption » et quelques lignes plus loin « Il y a en France des prisons qui sont mieux que cela« .  Pourtant il sait aussi apprécier la beauté de l’endroit. Le 11 octobre il rapportait, dans un beau style: « Visite du commandant. Nous sommes montés à la Platte: il faisait remarquablement beau. (…) Quel coup d’oeil on a, à mesure que l’on s’élève. On découvre le moutonnement de glaces le plus extraordinaire qui se puisse imaginer; au nord-ouest, on croirait du doigt toucher le Mont-Blanc, tandis qu’au sud, à perte de vue le dos hérissé du massif de la Vanoise met un feston sombre sur l’horizon qui flambe. »(1) On ne saurait mieux planter le décor de cette randonnée.

Le chemin monte d’abord résolument dans l’alpage. Au printemps, les champs d’anémones soufrées sont spectaculaires au lieu dit « le Grand Praz » (22 juin 2008)

Anemones soufrées

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Le chemin devient assez vite un sentier peu pentu qui serpente tranquillement au milieu d’un pâturage parsemé de petites mares. On arrive au col de la Forclaz, vers 2350m, et de là une courte descente conduit au ruisseau de la Forclaz, qu’il faut naturellement franchir par un gué. La montée reprend, on laisse à droite le sentier qui conduit au lac Esola, à la combe du Charbonnet et au col de la Terrasse. On admire le premier des 5 lacs, le lac Esola, isolé en contrebas du chemin:

Lac Esola et pointe de la Terrasse
22 juin 2008 15 Lac Esola printemps - 5 lacs b
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28 août 2011 Lac Esola été - 5 lacs

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Encore un effort, et l’on arrive bientôt au niveau des 3 lacs suivants, tous situés aux alentours de 2450m. Le lac Riondet apparait derrière un épaulement :

22 juin 20085 Lac Riondet printemps - 5 lacs b 28 août 2011Lac Riondet - 5 lacs

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puis le très photogénique lac Cornu

22 juin 20085 lac cornu b 28 août 2011Lac Cornu

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et tout à côté le lac Verdet:

21 Lac Verdet - 5 lacs b.

Une bonne montée permet d’atteindre le lac le plus élevé, le lac Noir.

22 juin 2008, il était difficile de monter plus haut sans raquettes…6 Lac Noir printemps - 5 lacs b pourtant cela en vaut la peine… 28 août 2011Lac Noir - 5 lacs

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Lorsque les névés ont disparus, il vaut la peine de monter encore un peu plus haut. Depuis les crêtes qui dominent le lac on peut découvrir une magnifique vue sur le Mont Blanc,  et assez souvent un groupe de bouquetins. De là haut il est possible de descendre dans la Combe de la Neuva, par un passage situé au niveau du col de la Nova (2811m). On a là les ingrédients d’une course d’une toute autre ampleur, décrite sur la page « Combe de la Neuva / Passeur de Pralognan / Col de la Nova » (on peut y voir d’autres images des 5 lacs et de l’arête au dessus du Lac Noir.)

(1) Les carnets d’un militaire de montagne: Six mois dans les neiges,  Antoine Vincent, 1996, La Fontaine de Siloé, 267 p,
réédition de l’ouvrage publié en 1905 par François Ducloz, libraire à Moutiers.

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