Gentiane pourpre (Gentiana purpurea L.)

Une partie du charme de la gentiane pourpre, ou gentiane pourprée, vient de ce qu’elle fleuri tard dans la saison. Le randonneur du mois d’août trouve des alpages largement défleuris, il ne lui reste que quelques fleurs à se mettre sous les yeux, celle-ci est parmi les plus belles.

Gentiane pourpre

D’après la « Flore forestière française: guide écologique illustré » (1) on ne la trouve en France qu’en Savoie et Haute Savoie, où elle pousse entre 1200m et 2700m. Elle est plus répandue en Suisse. Mais qu’est-ce qu’une plante rare? En Savoie l’alpage en est parfois couvert. C’est vrai pour toutes les plantes rares, là où on en trouve on ne voit pas qu’elles sont rares.

La gentiane pourpre ressemble à la gentiane jaune, ou grande gentiane, avec laquelle elle peut s’hybrider. Son rhizome contient également des substances amères et toniques (pas seulement la racine, la plante aussi, et c’est peut être ce qui la met peut être à l’abri des bovins, mais c’est pour être victime des humains. Dure condition végétale… enfin elle a l’air heureuse en Beaufortain, pourvu que ça dure!)

Gentiane pourpre

Dans les livres il est surtout question de ses vertus médicinales, qui la plupart du temps ne sont que prétextes pour la fabrication d’apéritifs assez fortement alcoolisés. Il y en a au moins un qui est sensible à d’autres charmes. Dans une de ses innombrables lettres, JJ Rousseau écrivait le 28 février 1769: « M. Séguier célèbre par le Plantae Veronenses que vous avez peut-être ou que vous devriez avoir, vient de m’envoyer des plantes qui m’ont remis sur mon herbier & sur mes bouquins. Je suis maintenant trop riche pour ne pas sentir la privation de ce qui me manque. Si parmi celles que vous promet le Parolier, pouvoient se trouver la grande Gentiane pourprée, le Thora valdensium, l’Epimedium, & quelques autres, le tout bien conservé & en fleurs, je vous avoue que ce cadeau me feroit le plus grand plaisir ; car je sens que malgré tout, la botanique me domine. J’herboriserai, mon cher hôte, jusqu’à la mort…« 

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(1) Flore forestière française: guide écologique illustré, Jean-Claude Rameau, Dominique Mansion, G. Dumé, T2 Montagnes; 2008 – p. 1465

(2) sur Tela Botanica http://www.tela-botanica.org/eflore/BDNFF/4.02/nn/29820/synthese

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