Autrefois les cascades de Jacob Bellecombette étaient l’une des curiosités de la Savoie. Dans les guides touristiques elles figuraient en bonne place; Georges Sand y situe l’une des scènes de son roman « Mademoiselle La Quintinie » (1). Aujourd’hui elles sont méconnues, des chambériens comme des 4000 étudiants du campus universitaire de Jacob Bellecombette, pourtant situé à quelques centaines de mètres.

En 1837 Timoleon Chapperon, avocat à Chambéry, les décrit ainsi dans le « Guide de l’étranger à Chambéry et dans ses environs » (2): « …il y a une promenade que nous ne pouvons nous dispenser de conseiller au voyageur c’est en même temps l’une des plus courtes et des plus variées…« 

Il commence sa description par la petite cascade, située juste au dessus du pont qui conduit vers Sécheron « …le ruisseau paraît sortir d’un rocher noir béant comme une gueule d’où il s’échappe en nappe blanche et se brise sur le roc naturellement taillé en sorte de degrés inégaux…« 

Petite cascade de Jacob Bellecombette

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Puis il porte son regard de l’autre côté du pont de pierre « …on voit à vingt pas au dessous le ruisseau disparaître dans une échancrure du rocher qui lui sert de lit et l’on entend le bouillonnement de la cascade vers laquelle on parvient par un sentier court et très rapide qui descend immédiatement après le pont. Il faut choisir pour la voir dans toute sa beauté un moment où le ruisseau soit un peu considérable ce qui a lieu après toutes les pluies; alors l’effet en est remarquable quoiqu’elle n’ait guère que vingt cinq pieds de hauteur. Le rocher d’où elle tombe est escarpé et naturellement creusé en dessous de sorte qu’on peut y trouver un abri et faire le tour de la chute d’eau par derrière sans autre inconvénient que le danger d’être humecté par les nuages d’eau pulvérisée que le vent chasse parfois dans cette direction.« 

Moyenne cascade de Jacob Bellecombette.

Un peu plus bas « ...le ruisseau disparaît de nouveau sur le bord d’un rocher coupé perpendiculairement et du sommet duquel on aperçoit sous ses pieds un abîme. »

Cascade de Jacob Bellecombette

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Le Nant du Pontet arrive bientôt à une belle marmite de géant.

Grande cascade de Jacob Bellecombette.

Juste avant le grand saut.

Grande cascade de Jacob Bellecombette

C’est la grande cascade « …l’on se trouve tout à coup en face d’une chute de cent pieds de haut encaissée dans un rocher…« 

Grande cascade de Jacob Bellecombette

« …elle s’est formé comme un fourreau de pierre…« 

Grande cascade de Jacob Bellecombette

« …elle bouillonne derrière des blocs qu’elle a précipités autrefois et sur lesquels on peut hazarder un pied hardi pour contempler à quatre pas ce magnifique spectacle. » Aujourd’hui des sentiers ont été aménagés, une passerelle permet d’admirer de près le chef d’œuvre…

 Grande cascade de Jacob Bellecombette

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Informations pratiques:

Pour accéder à la cascade, on peut faire comme Timoleon Chapperon, qui venait à pied du centre de Chambéry. Son ouvrage est sur GoogleBooks, il est amusant de suivre ses pas et de confronter sa description au paysage actuel.

On peut aussi se rendre directement aux Cascades à partir de la Mairie de Jacob (bus n°9 arrêt Mairie): suivre la Route de la Cascade puis prendre la route de Sécheron dans le grand tournant (le pont qui franchit le Nant du Pontet est à moins de 300m de l’arrêt de bus).

Plusieurs ballades sont possibles le long du ruisseau: liens à partir de la page « Cascades de Savoie« .

Références:

(1) Georges Sand, Mademoiselle La Quintinie, La revue des 2 mondes, 1er mars 1863, p293

(2) Timoleon Chapperon,  « Guide de l’étranger à Chambéry et dans ses environs », 1837, chap 7, pp 145 à 150

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