Col du Bonhomme depuis la crête des GittesCette randonnée présente beaucoup d’attraits. Le plus original est le caractère remarquable, historique, des chemins parcourus. D’abord le célèbre « Chemin du curé« , qui conduit du hameau de la Gittaz au vallon de la Sauce constitue un témoignage spectaculaire des efforts consentis à la fin du XIXème pour mettre en valeur tous les alpages, y compris les plus inaccessibles. Un peu plus tard et beaucoup plus haut on suit une ancienne voie romaine entre le col du Bonhomme et le refuge de la Col de la Croix du Bonhomme. Enfin une partie de la descente s’effectue par le sentier de la crête des Gîtes dont le caractère militaire n’est plus très apparent aujourd’hui, mais fut pourtant bien réel.

Une autre raison d’aimer cette randonnée est son itinéraire, au caractère très aérien, presque constamment en balcon, presque dès le début. Chemin du curé dominant la gorge, sentier s’élevant rapidement au dessus du vallon, haute route du col du bonhomme au refuge, vertigineuse crête des Gittes d’où l’on peut contempler la presque totalité de l’itinéraire de la randonnée: le sentiment d’être « en hauteur » dure toute la journée. Peu après le col du Bonhomme, on est au point le plus haut de la randonnée, et il reste une très longue descente, riche en émotions et en découvertes, ce qui n’est pas si fréquent.

Départ: Hameau de La Gittaz 1665m. (Beaufort, route du Cormet de Roselend, bifurcation à gauche dans la montée qui conduit au barrage de Roselend, chemin carrossable jusqu’au hameau)

Durée: la journée. Le refuge du col de la Croix du Bonhomme peut offrir une halte agréable. Il est situé à la fois sur le GR5, sur le Tour du Mont Blanc et sur le Tour du Beaufortin, c’est dire qu’il est très fréquenté en saison. Les pages webs qui le concernent sont nombreuses: site officiel du refuge, page du site du CAF, refuge.info

Difficultés: la traversée du torrent peu après le passage taillé dans le roc n’est pas toujours évidente, tout dépend du débit du torrent. La crête des Gittes est parcourue par un large sentier, presque un chemin, mais elle est vertigineuse. La descente du Col de la Sauce vers le vallon de la Sauce se fait par un sentier peu marqué par endroits et au fond du vallon il n’y a pas de sentier.

Carte: pour emporter: IGN 25000ème 3531OT; pour voir tout de suite: voir à la fin de l’article, ou voir carte google map. Profil GPX:  Google maps avec profil

Ressources: d’autres photos et un descriptif sont disponibles sur le site d’André Leflon

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Le chemin du curé

Le chemin est taillé dans la falaise:

Chemin du curé

Il a été construit en 1891 et 1892. Il a été commandé par le chanoine H. Frison « pour faciliter et abréger la communication entre deux chalets d’une « montagne » appartenant au chanoine: du chalet de l’Applateur à l’important chalet de la Saussaz, sis au pied du col du Bonhomme et où se trouve une magnifique source d’eau limpide et abondante. La partie de la route, taillée dans le roc vif et presque perpendiculaire, a une longueur d’environ 350m sur une largeur de 3m., y compris les o m. 60 occupés par le parapet. Ce n’est pas un tunnel, mais une route en encorbellement. L’établissement en a été fort difficile. Trois entrepreneurs s’y employèrent successivement. Celui qui termina le travail fut M. Jean Basso. Il y perdit malheureusement trois ouvriers mineurs: l’un mourut sur place en tombant dans le précipice et deux autres vinrent mourir à l’hôpital d’Albertville.« 

Joseph Garin, Une belle vallée de Savoie, Le Beaufortain, La Fontaine de Siloé, 1939, 287 p.

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Au sortir de ce passage l’itinéraire traverse la gorge pour passer sur la rive droite du torrent (environ 1980m).

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Montée vers le col du Bonhomme

A l’entrée du vallon de la Sauce, prendre sur la gauche un sentier qui monte dans l’alpage, on domine bientôt le vallon

Vallon de la Sauce

La montée est raide. On passe au chalet du berger (Les Cavets, 2223m) puis on arrive au col du Bonhomme (2329m), d’où l’on peut apercevoir le Mont Blanc au loin. La montée a été rude, mais une fois arrivé au col il ne reste que peu de dénivelé.

Mont Blanc depuis le Col du Bonhomme

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Du col du Bonhomme au refuge du col de la Croix du Bonhomme

A partir du col on suit le tracé GR5, qui est également celui du tour du Mont Blanc en cet endroit, c’est dire si ce chemin est parcouru en plein été. Une telle fréquentation n’est pas nouvelle: cet itinéraire fut aussi celui d’une voie romaine. Il est étonnant d’imaginer qu’il y a 2000 ans des commerçants gaulois ou romains conduisaient des chariots attelés sur ces routes d’altitude, passant ainsi de la haute vallée de l’Arve en Italie. C’est que les nombreux tunnels qui facilitent aujourd’hui le  passage vers l’Italie n’existaient pas: quel que soit l’itinéraire choisi, il était impossible d’éviter un passage en haute montagne. D’autre part les fonds de vallées aujourd’hui encombrés de lignes de chemin de fer, d’autoroutes et de nationales, n’étaient pas faciles à parcourir. Les chemins d’alors y étaient facilement emportés par le vagabondage des torrents.

L’itinéraire de la voie romaine était à peu près celui du GR5, des  Contamines Montjoie  à l’actuel refuge de la Croix du Bonhomme.

Refuge du col de la Croix du Bonhomme (2443m):

Refuge du Col de la Croix du Bonhomme

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Crête des Gittes

Peu après le refuge, on aborde la fameuse crête des Gites.

Vue sur les Chappieux :

Vue sur les Chappieux depuis la crête des Gites

Le sentier est taillé dans le rocher, juste en contrebas de la crête:

Le sentier de la crête des Gites

Le sentier pouvait ainsi être parcouru par les militaires en toute discrétion, à l’abri des regards et des balles ennemies, c’est à dire italiennes.

La pente qui dévale de la crête au fond du vallon de la Sauce est vertigineuse. Les chamois stationnent souvent dans les pierriers situés au dessous du sentier (pour une fois c’est le randonneur qui est au dessus). Cette section, très impressionnante pour qui est sujet au vertige, ne présente pourtant aucune difficulté: le sentier est large et confortable. Évidemment il faut être prudent, évidemment il en va autrement tant que la neige de printemps n’a pas entièrement disparu.

On voit la presque totalité de l’itinéraire de la randonnée (schématiquement indiqué par le trait bleu) :

Panoramique Chemin du Curé Col du Bonhomme

cliquer pour agrandir

Puis on arrive au col de la Sauce (2307m).

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Retour à la Gittaz par le vallon de la Sauce et le chemin du curé

Descente dans le vallon.

Après avoir parcouru le chemin de la crête des Gittes on comprend mieux pourquoi J Garin précise, en poursuivant la description du « chemin du curé »: « Cette route, avantageuse pour le propriétaire de la montagne, l’est aussi au point de vue stratégique, et l’État-major de la 14ème région, après l’avoir étudiée avec le plus grand soin, a félicité le chanoine pour cette belle et utile entreprise. » Le chemin permettait en effet de monter très directement de la vallée pour aller défendre la crête des Gittes sans passer par le Cormet de Roselend, donc sans s’exposer sur les flancs Est des Rochers du Vent.

Le chemin du curé

Retour sur la Gittaz

Arrivée au village de la Gittaz

Village de la Gittaz

Carte IGN

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